À l’appel de l’intersyndicale de la Fonction publique, la journée nationale de grève et de manifestations du 29 septembre 2026 constitue un rendez-vous majeur pour l’ensemble des agents publics et particulièrement pour les personnels du ministère de l’Intérieur.
Trois ans de gel, une perte qui se chiffre
Le point d’indice, qui sert de base au calcul de la rémunération de tous les agents publics, est gelé depuis juillet 2023.
Une situation salariale devenue insoutenable
Les chiffres publiés par l’UFSE-CGT sur l’évolution du pouvoir d’achat des fonctionnaires confirment ce que les agents constatent chaque mois sur leur fiche de paie : les salaires ne suivent plus l’évolution du coût de la vie. Les gouvernements successifs ont laissé s’accumuler des pertes considérables de pouvoir d’achat.
Pour les agents du ministère de l’Intérieur, cette réalité se traduit concrètement par des difficultés croissantes pour faire face aux dépenses quotidiennes : logement, énergie, alimentation, transports ou encore frais liés à l’exercice des missions.
Et vous, combien avez-vous perdu ?
Le point d’indice n’est plus indexé sur l’inflation depuis 2023. Choisissez votre grade puis votre échelon (ou entrez directement votre indice INM) pour connaître votre perte mensuelle réelle.
Estimation basée sur la seule valeur du point d’indice (hors primes, RIFSEEP, NBI). Grilles de traitement au 1er janvier / 1er septembre 2026 (police active et scientifique, administratifs, techniques, SIC) ; écart de valeur du point : Insee, juillet 2026 — UFSE-CGT.
Les policiers sont payés avec le même point d’indice
Contrairement à une idée reçue, la rémunération des policiers actifs repose elle aussi, pour sa partie indiciaire, sur le point d’indice gelé depuis 2023. Elle est ensuite complétée par l’ISSP (indemnité de sujétions spéciales de police) et diverses primes.
Or ces compléments indemnitaires n’offrent pas les mêmes garanties qu’un élément de traitement indiciaire : ils comptent peu ou pas pour le calcul de la retraite et dépendent d’arbitrages budgétaires renouvelés chaque année, alors qu’une revalorisation du point d’indice bénéficie durablement à tous les agents. En bas de la grille, la stagnation du point d’indice pousse la partie indiciaire du salaire de plus en plus près du Smic : le compte n’y est que grâce aux primes, qui peuvent être remises en cause à tout moment.
Des missions toujours plus nombreuses
Dans les commissariats, préfectures, sous-préfectures, services centraux, laboratoires, services techniques, directions spécialisées ou auprès de la gendarmerie nationale, les personnels assurent des missions indispensables au fonctionnement de l’État et à la continuité du service public.
Les réorganisations permanentes, le manque d’effectifs, la charge de travail grandissante et la multiplication des missions contrastent fortement avec le refus gouvernemental de reconnaître l’engagement des agents par une politique salariale à la hauteur.
Le 8 juillet, le gouvernement a dit non
Le 8 juillet 2026, le gouvernement a confirmé sa feuille de route budgétaire : près de 3 milliards d’euros d’économies supplémentaires demandées à la Fonction publique pour 2026, pendant que les aides publiques aux entreprises se maintiennent à un niveau évalué à 211 milliards d’euros. Aucune ouverture de négociation salariale n’a été annoncée pour les agents publics.
Ce choix confirme que le gel du point d’indice n’est pas une fatalité budgétaire, mais un choix politique : celui de faire porter l’effort sur les agents publics plutôt que sur d’autres postes de dépense.
Des revendications légitimes
La CGT Intérieur porte des revendications claires :
- Augmentation immédiate du point d’indice, d’au moins 10 % et 400 € pour tous ;
- Indexation des salaires sur l’inflation et rattrapage des pertes accumulées ;
- Refonte des grilles indiciaires et intégration des primes dans le traitement ;
- Égalité salariale entre les femmes et les hommes ;
- Abrogation du jour de carence et prise en charge à 100 % de la maladie ordinaire ;
- Des effectifs à la hauteur des missions ;
- Le rétablissement des CHSCT.
Qui peut faire grève, et comment ?
Un préavis de grève déposé par l’UFSE-CGT couvre la période du 28 juillet au 31 octobre 2026. Il s’applique à l’ensemble des personnels de la Fonction publique de l’État du ministère de l’Intérieur, y compris les agents en horaires décalés ou en service continu. Aucune déclaration préalable individuelle n’est nécessaire : chacun peut se déclarer gréviste le jour même.
Les policiers actifs ne disposent pas du droit de grève : leur statut spécial de 1948 le leur interdit. Ils sont donc appelés à soutenir la mobilisation autrement : en civil, hors service, en participant aux rassemblements et manifestations du 29 septembre.
Faire du 29 septembre une réussite
La mobilisation du 29 septembre doit envoyer un message clair au gouvernement : les personnels du ministère de l’Intérieur refusent de continuer à payer les conséquences des politiques d’austérité salariale.
Agents actifs, administratifs, techniques, scientifiques, agents de préfecture, personnels civils de la gendarmerie : nous avons toutes et tous les mêmes intérêts à défendre.
Le 29 septembre, participons massivement à la grève et aux manifestations pour imposer l’ouverture de négociations salariales et obtenir de véritables avancées pour les personnels.
Tous en grève, tous mobilisés !
Tracts et affiches à télécharger et à diffuser
Visuel — Perte mensuelle (grades police)
Affiche — Tous en grève, tous mobilisés (collègues)
Affiche — Pourquoi nous manifestons (grand public)
Nos missions sont essentielles. Nos salaires doivent l’être aussi.
Tous mobilisés le 29 septembre 2026 !