Violences urbaines : un guide qui menace libertés et conditions de travail
Le ministère de l’Intérieur a diffusé un « guide opérationnel des violences urbaines » (GOVU), succédant au schéma national (SNVU). La CGT-Intérieur alerte : loin d’apporter une réponse adaptée, ce document banalise un état d’exception permanent, met en péril les libertés publiques et dégrade les conditions de travail des policiers.
Violences urbaines : un guide qui menace libertés et conditions de travail
Le ministère a remplacé le Schéma national des violences urbaines (SNVU) par un Guide opérationnel (GOVU). Pour la CGT-Intérieur, le cœur de doctrine demeure : banalisation d’un état d’exception, judiciarisation accélérée et pression croissante sur les policiers.
- Le GOVU retire la mention litigieuse sur les journalistes, mais la philosophie reste inchangée.
- Recours au RAID et à des unités non spécialisées : brouillage des doctrines et risques accrus.
- Procédure type + reporting continu : une police du chiffre, au détriment du terrain et de la désescalade.
- Hyper-disponibilité, rappels, sous-équipement : conditions de travail dégradées pour les agents.
Un texte confus et répressif
Sous l’apparence d’un « guide pratique », le document accumule les évidences (« connaître son territoire », « anticiper », « organiser la rotation des effectifs »), tout en ouvrant la voie à des dispositifs problématiques : engagement du RAID, mobilisation de personnels non formés au maintien de l’ordre, extension des stocks de grenades et de munitions. Le reporting permanent et la procédure standardisée transforment les effectifs en opérateurs de saisie, au détriment de l’analyse qualitative et de la désescalade.
Trois angles d’alerte
Libertés publiques
- Version SNVU initiale hostile aux garanties des journalistes : signal d’alerte persistant.
- Couvre-feux, photographies systématiques des interpellés, judiciarisation du renseignement.
Service public
- Effectifs de police secours, BAC et petit judiciaire détournés de la sécurité quotidienne.
- Partenariats réduits à des listes de contacts : aucun travail de lien avec la population.
Conditions de travail
- Hyper-disponibilité, rappels sur congés, usure physique et psychologique.
- Sous-équipement et exposition à des contextes violents sans formation adaptée.
Nos exigences
- Des moyens pérennes, des effectifs suffisants, et une formation centrée sur prévention, médiation et désescalade.
- Fin du brouillage doctrinal : pas d’emploi d’unités antiterroristes en violences urbaines.
- Respect des libertés publiques et cadre clair pour l’exercice du journalisme en contexte de crise.
- Allègement de la bureaucratie en crise : priorité au terrain, à l’analyse et à la protection des agents.
Aller plus loin
L’analyse complète, article par article, est disponible dans la note CGT-Intérieur. Elle détaille les contradictions du texte, ses angles morts et les risques qu’il fait peser sur les libertés et sur le travail policier.
Nota : la mention hostile aux garanties des journalistes, présente dans la première version du SNVU, a été retirée lors du passage au GOVU. Pour autant, la doctrine d’ensemble n’a pas été remise à plat et continue de faire peser des risques majeurs sur les libertés et sur les conditions de travail.