Manifestation d’Alliance : quand la sécurité devient un outil politique
Les difficultés vécues par les agents de la police nationale sont réelles. Leur instrumentalisation politique, au service d’une logique sécuritaire et électoraliste, fragilise l’État de droit et rompt le pacte républicain fondé sur la confiance entre la police et la population.
La sécurité instrumentalisée contre l’État de droit
Communiqué de presse
CGT Intérieur · Union départementale CGT Isère
Grenoble, 30 janvier 2026
Nos organisations s’interrogent sur l’appel du syndicat Alliance Police Nationale à la participation à des manifestations dites « citoyennes » dans les grandes villes, en soutien aux policiers.
Une manifestation plus « politique » que « citoyenne »
Il est pour le moins surprenant que, s’appuyant sur des problématiques d’ordre professionnel, ce syndicat invite la population et les élus locaux à se mobiliser à ses côtés à quelques encablures des élections municipales des 15 et 22 mars prochains.
Des difficultés réelles
Burn-out, suicides, harcèlement, management violent, démissions, heures supplémentaires impayées : les difficultés vécues par les collègues de la profession sont réelles et rejoignent celles rencontrées par l’ensemble des agents des trois versants de la fonction publique.
Des réponses dangereuses
Les solutions proposées par le syndicat majoritaire se limitent à une logique sécuritaire : moyens supplémentaires, protections accrues et présomption de légitime défense pour les policiers.
Cette dernière revendication s’oppose frontalement à l’État de droit et ouvre la voie à toutes les dérives, en faisant du policier un citoyen au-dessus des autres.
Oui, les difficultés vécues par les agents de la police nationale sont réelles.
Mais les réponses portées par Alliance et ses soutiens opportunistes
de droite et d’extrême droite fragilisent les valeurs du
pacte républicain.
Le pacte républicain repose sur une collaboration entre la police et la population afin de rétablir la confiance et renforcer les liens sociaux, en s’appuyant sur les principes fondamentaux de liberté, égalité et fraternité .
La CGT Intérieur et l’Union départementale CGT Isère ne participeront pas à cette mise en scène organisée le 31 janvier.
Comme nous l’avons fait le 12 juin dernier, nous poursuivons notre travail de terrain auprès des policier·e·s, personnels administratifs, techniques et agent·e·s des SGAMI, afin de transformer le malaise en rapport de force collectif.