

Préfecture de Haute-Loire : une administration qui exige des règles qu’elle ne s’applique pas à elle-même
À la préfecture de la Haute-Loire, le dialogue social est bloqué, la gestion RH se fait dans l’ombre et la souffrance au travail s’installe. La CGT Intérieur 43 le dit sans détour : on ne peut pas exiger des agents des règles qu’on ne s’applique pas à soi-même.
À la préfecture de la Haute-Loire, le climat se dégrade depuis des mois. Dialogue social bloqué, décisions opaques, gestion des personnels contestée, souffrance au travail qui s’installe. La CGT Intérieur 43 a décidé de mettre les choses au clair dans un tract diffusé aux agents. On en reprend ici l’essentiel.
Depuis des mois, quelque chose s’est cassé. Les agentes et les agents le constatent au quotidien. Les instances ne se tiennent plus comme elles le devraient. Les décisions tombent sans qu’on sache d’où elles viennent. Et le mal-être monte, dans les services, partout.
La CGT ne peut plus se taire. Ce ne sont pas les représentantes et représentants du personnel qui créent ce malaise. Ce sont des méthodes de gestion, et le refus persistant d’entendre les alertes.
Des règles qu’on connaît, mais qu’on n’applique pas
Le titre du tract pose la vraie question. Comment une administration peut-elle exiger des agents le respect des règles quand elle-même ne se les applique pas ?
L’affaire reste dans les mémoires. À l’été 2025, le préfet de la Haute-Loire reconnaissait avoir utilisé son véhicule de fonction pour partir en vacances à l’étranger, puis avoir mobilisé un chauffeur de l’État pour rentrer après un accident. Sa défense : il ignorait la circulaire. Le tout en pleine période d’économies demandées aux agents, jusque sur les frais de carburant. Deux poids, deux mesures.
Mais l’essentiel est ailleurs. Sur le dialogue social, les recrutements, les droits des agents, plus personne ne peut invoquer l’ignorance. La CGT rappelle ces règles. Elle les écrit. Elle les documente. Elle les défend, depuis des mois. Le problème n’est donc pas de les connaître. Le problème, c’est de les appliquer.
Des droits collectifs bafoués
Les demandes des élus CGT sont refusées les unes après les autres. Refus de convoquer certaines instances, d’y inscrire des points à l’ordre du jour, de les faire voter — alors même que ces demandes sont formulées conformément aux textes et portées par une majorité de représentants du personnel. Reports d’instances en dehors des règles. Absence de consultation sur une expertise réclamée par la CGT face à une situation de souffrance au travail pourtant largement identifiée. Et une application a minima des accords nationaux sur le télétravail comme des mesures censées compenser la hausse du carburant.
Le dialogue social n’est pas une faveur accordée par l’administration. C’est une obligation réglementaire.
Une gestion RH opaque qui détruit la confiance
C’est surtout dans la gestion des personnels que les inquiétudes sont les plus fortes. Des postes publiés puis retirés. Des recrutements relancés quand les candidatures ne correspondent pas aux choix déjà envisagés. Des fiches de poste qui changent pour coller à un profil précis. Des affectations annoncées avant même la fin des procédures ministérielles. Des décisions prises sans information claire aux agents ni consultation des organisations syndicales, là où elle est pourtant requise.
Cette opacité fait son travail : elle abîme la confiance et nourrit un sentiment d’arbitraire. Les effets se voient dans les services. Perte de confiance dans l’institution. Sentiment d’injustice. Découragement. Et de la souffrance au travail, qui touche à la santé des agents.
Une administration ne tient pas durablement sur l’opacité et la défiance. Le service public a besoin de règles claires et appliquées, de transparence, et de respect des personnels.
La CGT exigePour le respect des agents, de leurs représentants et du service public
Les agentes et agents de l’État font leur travail avec professionnalisme et engagement. En retour, ils ont droit à une administration exemplaire, transparente, respectueuse des règles qu’elle impose à tous. La CGT continuera à défendre chaque agent, chaque collectif de travail, chaque droit collectif. Parce qu’il n’y a pas de service public efficace sans agents respectés.
Ce qui se passe en Haute-Loire n’est pas une exception locale. C’est la version concentrée de ce que vivent des agents partout dans le périmètre du ministère : un dialogue social qu’on vide de sa substance, une gestion des carrières qui se fait dans l’ombre, des alertes sur la santé au travail qui restent sans réponse. La CGT Intérieur défend les mêmes exigences sur tout le territoire.
Retrouvez le tract complet de la CGT Intérieur 43 :
Lire le tract en PDFCGT Intérieur 43 — pref-cgt-syndicat@haute-loire.gouv.fr — 06.01.82.74.69