Fonction publique : l’urgence salariale ne se négocie pas à horizon 2027
À l’occasion du Conseil commun de la Fonction publique, le gouvernement a présenté une feuille de route pour 2026 fondée sur un « agenda social ». La CGT Fonction publique en prend acte, mais rappelle l’essentiel : les agent·es n’attendent pas des calendriers, ils attendent des actes. Le décrochage du pouvoir d’achat impose une revalorisation salariale immédiate, pas des promesses renvoyées à 2027.
Réuni à l’occasion du Conseil commun de la Fonction publique (CCFP), le gouvernement a présenté une feuille de route pour 2026 articulée autour d’un prétendu « agenda social » et d’un cycle de discussions mensuelles sur les carrières et les rémunérations.
Derrière l’affichage, une réalité s’impose : les agent·es publics n’ont plus le temps d’attendre. Le décrochage du pouvoir d’achat, la dégradation des conditions de travail et la crise d’attractivité de la Fonction publique exigent des décisions immédiates, non des horizons repoussés à 2027.
Ce que le ministre annonce
- Un cycle mensuel de discussions sur les carrières
- Une « objectivation » des trajectoires professionnelles
- Des signaux renvoyés au 1er janvier 2027
- Des mesures conditionnées au cadre budgétaire
Ce que la CGT exige
- Une revalorisation générale immédiate des salaires
- La fin du décrochage du point d’indice
- Des mesures de rattrapage pour les métiers féminisés
- Le rétablissement de la GIPA
Protection sociale complémentaire : des échéances sans garanties
Le gouvernement confirme le déploiement de la PSC en 2026 pour la Fonction publique de l’État, le renforcement des obligations dans la territoriale et l’ouverture de négociations dans l’hospitalière, avec une participation employeur repoussée à 2027.
Pour la CGT, cette logique est dangereuse. La PSC ne peut devenir un outil de désengagement de l’employeur public ni un marché captif pour les opérateurs privés. Elle doit constituer un droit effectif, universel et financé.
- L’abrogation du jour de carence
- Le rétablissement du maintien à 100 % de la rémunération en congé maladie ordinaire
- Le respect intégral des accords signés, notamment dans l’ESR
Agenda social 2026 : sans droits opposables, un écran de fumée
Santé au travail, égalité salariale et professionnelle, protection des agent·es, numérique et intelligence artificielle : ces chantiers structurants ne peuvent déboucher sur de simples recommandations sans portée contraignante.
La CGT participera aux discussions avec une ligne claire : des droits opposables, des moyens budgétaires, des effectifs. Toute concertation-alibi visant à masquer l’inaction sera combattue.
Le dialogue social ne vaut que s’il débouche sur des conquêtes concrètes pour les agent·es et sur un renforcement du service public.
Logement des agent·es : une condition matérielle du service public
L’annonce d’un groupe de travail logement le 28 janvier ne saurait suffire. Permettre aux agent·es de vivre là où elles et ils travaillent suppose des politiques publiques ambitieuses, planifiées et financées.
Les annonces sans crédits ne logent personne et fragilisent durablement l’action publique.
La CGT jugera sur pièces.
Les agent·es attendent des actes, maintenant. Pas en 2027.
Communiqué de presse – Montreuil, le 14 janvier 2026 — Lire le communiqué complet