Canicule au ministère de l’Intérieur : ce que la CGT exige pour vous protéger
La CGT Fonction publique a interpellé le 24 juin 2026 le ministre David Amiel sur l’urgence de mesures immédiates face aux épisodes de fortes chaleurs. Au ministère de l’Intérieur, personne n’est épargné : agents actifs, administratifs, scientifiques, techniques, SIC, agents des préfectures. La CGT-Intérieur porte ces exigences dans notre périmètre.
Les épisodes de canicule ne sont plus des accidents météorologiques exceptionnels. Ils se répètent, s’intensifient, et s’installent comme une réalité durable de nos conditions de travail. La météo n’est pas responsable des conditions de travail. L’employeur, si.
Un cadre réglementaire encore trop faible
Le décret du 27 mai 2025 a introduit dans le Code du travail des dispositions spécifiques sur les épisodes de chaleur intense : évaluation des risques, adaptation de l’organisation du travail, eau potable fraîche, moyens techniques de réduction de la chaleur, signalement des malaises. Sur le papier, c’est un progrès. Dans les faits, au ministère de l’Intérieur, ce cadre reste trop peu contraignant et trop rarement décliné sur le terrain : locaux mal isolés, équipements insuffisants, manque d’anticipation, organisations du travail inadaptées, déplacements contraints, astreintes, services au public sous tension.
Le risque chaleur doit être pris en compte dès la vigilance jaune, en intérieur comme en extérieur — que l’on soit sur la voie publique, dans un bureau de préfecture mal ventilé ou dans une salle serveurs surchauffée.
Ce que la CGT Fonction publique a demandé au ministre
Dans son courrier à David Amiel et à la DGAFP, la CGT Fonction publique a exigé :
- une instruction nationale claire et opposable à l’ensemble des employeurs publics sur les mesures obligatoires en période de fortes chaleurs ;
- la réactivation des autorisations spéciales d’absence (ASA) exceptionnelles, sur le modèle de la période Covid-19, en cas de fermeture d’écoles ou de crèches, ou pour les agent·es vulnérables ;
- des aménagements exceptionnels de l’organisation du travail, télétravail compris lorsque les missions le permettent — sans que cela devienne un alibi à l’absence d’investissement dans les locaux, ni une réponse uniforme dans les secteurs où le télétravail n’est pas possible ;
- le rappel des obligations en matière de DUERP, de registres santé-sécurité, de signalement des malaises et de reconnaissance des accidents de service ;
- l’ouverture sans délai d’une concertation nationale sur l’adaptation durable des conditions de travail face au dérèglement climatique ;
- un plan ambitieux d’investissement et de rénovation thermique du bâti public.
Ce que la CGT-Intérieur revendique dans notre périmètre
Ces exigences fédérales doivent se traduire concrètement au ministère de l’Intérieur, pour toutes et tous : agents actifs, administratifs, scientifiques, techniques, SIC, agents des préfectures. Nous revendiquons :
- la réduction des rythmes de travail en cas de forte chaleur ;
- l’augmentation des temps de pause rémunérés dès 25°C ;
- le maintien et le renforcement du droit de retrait, sans sanction possible et sans attendre l’avis des ISST ;
- des enquêtes systématiques après chaque malaise ou accident lié à la chaleur ;
- le rappel obligatoire du rôle des instances de santé et sécurité au travail après tout accident grave ;
- le renforcement des moyens de la médecine de prévention et des inspecteurs santé et sécurité au travail (ISST).
📋 Droit de retrait : les policiers y ont droit, contrairement à une idée reçue
Une idée reçue circule selon laquelle les policiers seraient exclus du droit de retrait. En réalité, le décret n°82-453 du 28 mai 1982 s’applique à la police comme à tout agent de la fonction publique d’État. Le texte prévoit bien une possibilité d’exclusion pour certaines missions (art. 5-6 IV) — mais elle suppose un arrêté interministériel spécifique. Un tel arrêté existe pour l’administration pénitentiaire (1997) et pour la police municipale (2001) ; à ce jour, aucun arrêté équivalent n’a été pris pour la police nationale.
La Préfecture de Police elle-même le confirme dans ses notes de service internes : la procédure de droit de retrait s’applique normalement aux policiers.
- Alerte immédiate, oralement ou par écrit, à sa hiérarchie ou via un membre du CHSCT ;
- Enquête sans délai du chef de service ;
- En cas de désaccord, réunion du CHSCT sous 24h, avec l’inspection du travail informée ;
- Si le désaccord persiste, saisine des Inspecteurs de Santé et Sécurité au Travail (ISST) du ministère ;
- Aucune sanction, aucune retenue de salaire si le retrait est justifié.
La CGT-Intérieur rappelle à chaque agent, policier compris, qu’il dispose de ce droit individuel et invite à contacter la section en cas de doute sur son exercice.
Préserver le climat, ce n’est pas un slogan
C’est une condition indispensable pour mieux travailler. Rénovation thermique des bâtiments, gestion responsable des déplacements, sobriété énergétique, prévention réelle des risques climatiques, organisation du travail protectrice : la CGT-Intérieur refuse que les agentes et agents paient le prix de l’inaction climatique par leur santé.
En 2026, donnons de la force à celles et ceux qui défendent vos droits. Votez CGT.