

Budget 2026 : l’austérité pour les services publics, les cadeaux pour les plus riches
Présenté comme un budget de responsabilité et de sécurité, le projet de loi de finances 2026 organise en réalité une austérité durable pour les services publics. Au ministère de l’Intérieur, policiers, personnels administratifs et civils de la gendarmerie subissent toujours la pression budgétaire, la dégradation des conditions de travail et le gel des rémunérations, tandis que les causes profondes de la crise d’attractivité restent ignorées.
Le projet de loi de finances 2026 est présenté comme un budget de responsabilité et de sécurité. En réalité, il prolonge une politique d’austérité généralisée pour les services publics. Au ministère de l’Intérieur, policiers, personnels administratifs, techniques et personnels civils de la gendarmerie subissent tous, à des degrés différents, la pression budgétaire, organisationnelle et salariale.
Un budget d’austérité assumé
Le PLF 2026 s’inscrit dans la continuité des choix opérés depuis plusieurs années : réduction de la dépense publique, gel des salaires, compression des effectifs et recul des politiques sociales.
Dans le même temps, les aides publiques aux entreprises atteignent des niveaux records, sans contreparties sociales ni environnementales. Ce budget n’est pas une fatalité : il résulte d’un choix politique clair, faisant peser l’effort sur le monde du travail et les services publics.
📊 Les chiffres clés
- 210 milliards d’euros d’aides publiques versées chaque année aux entreprises
- –25 % de pouvoir d’achat pour les agent·es publics en dix ans
- Gel du point d’indice et des prestations sociales
- Suppressions et non-remplacements de postes dans la Fonction publique
Ministère de l’Intérieur : des moyens affichés, une austérité réelle
Le gouvernement met en avant une hausse du budget du ministère de l’Intérieur pour justifier sa politique budgétaire. Cette augmentation est en réalité ciblée et orientée vers certaines missions sécuritaires et des dépenses d’équipement.
Elle ne remet pas en cause l’austérité salariale, la dégradation des conditions de travail ni la surcharge des services, en particulier dans les préfectures, l’accueil du public et les missions administratives.
Le service public de l’Intérieur n’est pas renforcé : il est instrumentalisé pour masquer l’austérité imposée à l’ensemble de la Fonction publique.
Police nationale : perte d’attractivité et malaise professionnel
La police nationale est régulièrement présentée comme une priorité budgétaire. Pourtant, le nombre de démissions et de départs anticipés continue d’augmenter, révélant une crise profonde de l’attractivité du métier.
Plusieurs rapports institutionnels, dont ceux de la Cour des comptes, soulignent la dégradation des conditions d’exercice, la pression hiérarchique, la désorganisation des services, la faiblesse des perspectives de carrière et l’insuffisante reconnaissance salariale.
Le PLF 2026 ne répond pas à ces alertes. En privilégiant une approche essentiellement sécuritaire et quantitative, il aggrave le décrochage entre le discours politique et la réalité vécue par les policiers et policières.
Personnels civils de la gendarmerie : les grands oubliés du budget
Les personnels civils de la gendarmerie — administratifs, techniques, spécialistes — jouent un rôle indispensable au fonctionnement de l’institution. Pourtant, ils restent largement invisibles dans le débat budgétaire.
Sous-effectifs chroniques, carrières bloquées, manque de reconnaissance, conditions de travail dégradées : le PLF 2026 ne prévoit aucune réponse structurelle à ces difficultés, alors même que les missions confiées à la gendarmerie ne cessent de s’élargir.
Cette situation fragilise l’ensemble de la chaîne de service public et reporte la charge sur les personnels, au détriment de la qualité du service rendu à la population.
❌ Ce que prévoit le budget 2026
- Austérité salariale et gel du point d’indice
- Pression accrue sur les effectifs et les organisations
- Priorité donnée à une vision sécuritaire étroite
- Surcharge des services administratifs, policiers et de gendarmerie
- Dégradation continue des conditions de travail
✔️ Les propositions de la CGT
- Revalorisation immédiate des salaires et du point d’indice
- Créations de postes pour tous les métiers de l’Intérieur
- Reconnaissance des missions et du sens du travail
- Investissements dans l’accueil du public et les fonctions support
- Un service public de l’Intérieur au service de la population
Un choix politique, pas une fatalité
Le projet de loi de finances 2026 ne répond ni à la crise d’attractivité de la police nationale, ni aux difficultés des personnels civils de la gendarmerie, ni plus largement à celles de l’ensemble des agent·es du ministère de l’Intérieur.
Pour la CGT-Intérieur, d’autres choix sont possibles : ils passent par l’investissement dans les personnels, la reconnaissance du travail et le renforcement du service public, dans l’intérêt de toute la population.