Agent·es du ministère de l’Intérieur, pensez-vous être autre chose que des travailleuses et travailleurs ?
Dans le privé comme dans le public, les attaques contre nos droits s’intensifient : réformes contre les arrêts maladie, passage en force sur les retraites, explosion des inégalités…
Nous sommes exploité·es par ceux qui ne vivent que de notre travail, sans souci de notre santé, de notre dignité, ni de notre avenir.
Nos droits: fruits de nos luttes collectives
Les congés payés, la journée de 8 heures, la Sécurité sociale, la réduction du temps de travail à 40h, puis 39h et enfin 35h… Toutes ces avancées sont nées de nos mobilisations.
Elles ont été conquises par :
- Des grèves massives,
- Des occupations d’usines,
- Des blocages économiques,
- Des comités de grévistes auto-organisés.
Même si certaines forces politiques de gauche ont soutenu ces combats à différents moments de l’Histoire, c’est avant tout l’action directe des travailleuses et travailleurs, organisé·es et déterminé·es, qui a imposé les conquêtes sociales.
Le rapport de force, et lui seul, a permis de faire céder les dominants eux-mêmes soutenus par les libéraux et l’extrême droite.
1er mai : porter aussi la voix de la paix
Aujourd’hui, en Ukraine, en Palestine, et dans tant d’autres territoires, des peuples entiers subissent la guerre et la violence. Les violations du droit international se multiplient, et les civils en paient le prix : plus de 100 000 morts civils estimés.
Pendant ce temps, en France, le gouvernement nous appelle à « soutenir l’effort de guerre ». Nous, travailleuses et travailleurs, nous devons affirmer une autre voie : celle de la paix. Pas une paix imposée par les vainqueurs, mais une paix fondée sur la justice et le respect des peuples.
Contre la montée des réactionnaires et des fascistes
Partout, les réactionnaires gagnent du terrain : Trump, Musk, l’AFD en Allemagne, élus d’extrême droite en France…
Des élus qui volent l’argent public (puis appellent à la manifestation pour contester la justice qu’ils s’évertuent pourtant depuis des décennies à qualifier de laxiste), détruisent les libertés, attisent la haine raciste, sexiste et de classe en toute sérénité.
À nous de refuser ce monde d’injustices et de violences !
Une police qui réponde aux standards de la démocratique, issue du peuple
Malgré les discours guerriers et racistes des ministres qui se succèdent place Beauvau, soutenus par des haut-fonctionnaires carriéristes zélés, le ministère de l’Intérieur n’a pas vocation à briser davantage les plus précaires, ni à discriminer.
La police doit protéger toutes les personnes, sans distinction (d’origine, d’apparence, de genre, de richesse, de papier…) et non dégrader leurs conditions de vie ou d’aggraver les inégalités !
Agent·es du ministère, policier·ères, nous sommes issu·es du peuple. Nous sommes fils et filles d’ouvrier·ères, de paysan·nes… Quel monde voulons-nous pour celles et ceux que l’on aime ?
Nous avons le devoir d’être du côté de celles et ceux qui subissent l’injustice et de construite une police capable de se remettre en question.
Nous voulons une police présente pour celles et ceux qui souffrent de la délinquance de voie publique certes, mais aussi de la délinquance en col blanc, qui vole et détourne l’argent public, pour servir à ses amis ce qui devrait “ruisseler” vers celles et ceux en difficulté, qui se tuent à la tâche pour faire tourner la société, en espérant une retraite — qui pour certain·es n’arrivera jamais !
Ce 1er mai : construisons le rapport de force !
Camarades, certaines et certains d’entre vous seront appelés à encadrer les manifestations. D’autres pourront rejoindre les cortèges.
Dans tous les cas, n’oublions pas ce que représente cette journée et montrons que nous sommes conscient·es de l’état de la société dans laquelle nous vivons et de l’importance de changer les choses maintenant !
C’est par nos luttes, nos grèves, nos blocages, nos solidarités, que nous changerons les choses.
Ne laissons pas nos dirigeants nous diviser. Montrons leur que nous sommes solidaires !
Exigeons :
- L’abrogation de la retraite à 64 ans
- La fin des discriminations de classe, de genre, de couleur
- Une société juste, où la solidarité l’emporte sur la cupidité
Car ne nous faisons pas d’illusions :
Nous, travailleuses et travailleurs du ministère de l’Intérieur, nous ne serons jamais invités à leur table.
Nous continuerons d’être utilisé·es comme chair à canon pour servir leurs intérêts personnels tant que nous n’organiserons pas nous-mêmes notre rapport de force.
Quelques victoires arrachées par l’action directe :
- 1936 : Grèves et occupations ➔ Congés payés, 40h hebdo
- 1945 : Libération ➔ Création de la Sécurité sociale
- 1968 : Grève générale ➔ Augmentation des salaires, nouvelles protections syndicales
- 1995 : Grève massive ➔ Retrait du plan Juppé contre les retraites
- Mouvements féministes ➔ Victoires sur l’égalité professionnelle