Chères et chers collègues,
La CGT-Intérieur — que certains d’entre vous ont connue sous le nom de CGT-Police — a réinvesti les locaux de Montreuil, les a remis en état après inventaire et tri de leur contenu.
C’est ainsi que d’anciens bulletins d’adhésion ont été retrouvés. Leur examen m’a donné l’idée de m’adresser aux éventuels retraités et de prendre de leurs nouvelles.
Une retraite bienvenue, j’imagine, après toutes ces années, tous les avatars de carrière. Enfin on peut souffler, peut-être déménager, s’adonner librement à ses goûts et loisirs. Certains ont « rempilé » en intégrant la réserve et ont pu constater la détérioration des conditions de travail et de l’exercice de plus en plus difficile de notre profession.
Tous, nous avons pu noter la triste transformation de ce qui, en notre temps, nous avait conduits à embrasser cette exigeante profession. Je parle de l’état d’esprit, des grands principes sociétaux, du respect que nous inspirions en interne comme dans le pays, en plus de la sécurité d’emploi. Être policier était déjà une promotion.
Toujours est-il que, passés les premiers moments d’euphorie, nous sommes à même d’observer les répercussions de cette retraite : en premier lieu la baisse de nos revenus, en plus de la perte de notre dimension sociétale et professionnelle. Le policier, surtout d’active, retraité, redevient un citoyen ordinaire, mais l’anonymat peut être appréciable. Soulagement ou regret ?
Nous voilà confrontés aux difficultés actuelles : la valeur de l’argent au regard du coût de la vie en constante augmentation, l’accès aux services publics dans tous nos territoires, leur détérioration quand ce n’est pas leur disparition. Tous les secteurs sont concernés : santé, logement, transports, énergie, consommation, équipement, environnement. L’inquiétude aussi pour nos enfants et nos petits-enfants, l’aide que nous leur apportons. La fin de vie.
Responsable de la section « retraité(e)s » au sein de la CGT-Intérieur, j’aimerais savoir ce que vous êtes devenus, comment vous vivez votre retraite, si vous avez des observations, des réflexions sur votre condition d’existence, des désirs.
N’hésitez pas à m’écrire, tout simplement :
J’espère que vous serez nombreux à me répondre.
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Amicalement. Annie JOUAN |