• Plusieurs milliers de fonctionnaires de police démissionnent chaque année. Certains, en rejoignant les effectifs des polices municipales, espèrent trouver de meilleures conditions de travail. Est-ce le symptôme d’une crise dans l’institution policière ?
Avec
  • Fabien Jobard Politiste, directeur de recherches au CNRS (Cesdip) et directeur du Groupement européen de recherches sur les normativités (GERN).
  • Selon ⁦
    @AnthonyCaill, la police nationale est vendue à la découpe. Dans 15 ans, verrons-nous encore des policiers nationaux dans nos rues?
     

Quitter la police nationale pour embrasser une carrière en municipale : c’est le phénomène inédit auquel doit se confronter le ministère de l’Intérieur depuis quelques années.

 

Meilleures conditions de travail, meilleure rémunération, lien de proximité plus direct avec les habitants et abandon de la politique du chiffre. Les avantages peuvent paraitre nombreux pour les démissionnaires.

À l’instar de l’Hôpital Public ou de l’Éducation Nationale, les forces de l’ordre aussi font face à une vague de grande démission. Dans un rapport d’avril 2023, la Cour des comptes pointe une augmentation sensible du nombre de défections chez policiers et gendarmes. En 2022, la police compte près de 11 000 départs, soit 33 % de plus en quatre ans. La gendarmerie 15 000 soit 25 % d’augmentation sur la même période.

Y a-t-il un malaise dans la « maison police » ? Comment expliquer ces défections ? Faut-il y voir une conséquence des crises multiples auxquelles les forces de l’ordre font face depuis plusieurs années, du maintien de l’ordre au terrorisme ? Ou une désaffection dictée par un manque de vision et une politique du chiffre, discutable selon les premiers concernés ?

Et surtout, peut-on y rémedier ?